Réglementation

L'installation d'un système de vidéosurveillance en milieu professionnel est encadrée par un double régime juridique : le Code de la sécurité intérieure pour les lieux ouverts au public et le RGPD pour la protection des données personnelles. L'obligation d'affichage constitue le premier pilier de la conformité. Un panneau non conforme ou absent peut entraîner des sanctions allant jusqu'à 20 millions d'euros. Ce guide détaille les obligations d'affichage, les mentions à faire figurer et les bonnes pratiques de mise en conformité.

Le double cadre juridique de la vidéosurveillance

Le Code de la sécurité intérieure (CSI)

Les articles L.251-1 à L.255-1 du CSI encadrent la vidéoprotection dans les lieux ouverts au public (commerces, parkings, halls d'accueil). Toute installation doit être autorisée par le préfet après avis de la commission départementale de vidéoprotection. L'article L.252-2 impose l'information du public par des panneaux visibles.

Le RGPD et la loi Informatique et Libertés

Le règlement européen 2016/679 (RGPD) et la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée s'appliquent dès lors que les images permettent d'identifier des personnes physiques. Les articles 12 à 14 du RGPD imposent une information transparente, intelligible et aisément accessible.

La position de la CNIL

La CNIL a publié en 2022 ses lignes directrices sur la vidéosurveillance, actualisées en 2024, qui précisent les exigences en matière d'affichage. Selon la CNIL, le panneau d'information doit contenir un premier niveau d'information synthétique (affiché sur le panneau visible) et renvoyer vers un second niveau d'information détaillé (accessible sur demande ou en ligne).

Les mentions obligatoires sur le panneau d'affichage

Premier niveau d'information (panneau visible)

Le panneau installé à chaque point d'accès de la zone surveillée doit comporter :

  • Le pictogramme de vidéosurveillance — Une représentation claire d'une caméra, conforme aux usages (pas de norme spécifique, mais le pictogramme doit être immédiatement compréhensible).
  • La finalité du traitement — « Sécurité des personnes et des biens », « Prévention des atteintes aux biens », « Protection des salariés », etc.
  • L'identité du responsable de traitement — Nom de l'entreprise ou de l'organisme.
  • La durée de conservation des images — Maximum 30 jours pour les lieux ouverts au public (CSI), durée adaptée pour les lieux privés (principe de minimisation du RGPD). La CNIL recommande de ne pas excéder 30 jours dans tous les cas.
  • Les droits des personnes — Droit d'accès aux images les concernant, droit de réclamation auprès de la CNIL.
  • Les coordonnées du contact — DPO (délégué à la protection des données) ou personne à contacter pour exercer ses droits.
  • La base légale du traitement — Intérêt légitime (article 6.1.f du RGPD) pour la sécurité des biens et des personnes.

Second niveau d'information

Le panneau doit renvoyer vers une information détaillée accessible par :

  • Un QR code — Renvoyant vers la politique de confidentialité en ligne.
  • Une URL — Page dédiée sur le site web de l'entreprise.
  • Un document disponible à l'accueil — Notice d'information détaillée.

Ce second niveau détaille : les catégories de données collectées, les destinataires des images, les transferts éventuels hors UE, la durée de conservation précise, les modalités d'exercice des droits (accès, effacement, limitation, opposition), le droit de réclamation auprès de la CNIL.

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Emplacement et dimensionnement des panneaux

La CNIL exige que le panneau soit affiché de manière visible avant l'entrée dans la zone surveillée, permettant aux personnes de choisir de ne pas entrer si elles ne souhaitent pas être filmées.

  • Entrée du commerce ou de l'établissement — À hauteur des yeux (1 400 à 1 700 mm du sol), à côté ou au-dessus de la porte d'entrée.
  • Parking — À chaque entrée véhicule et piétonne.
  • Locaux intérieurs avec caméras — À l'entrée de chaque zone surveillée (entrepôt, atelier, salle des coffres).

Nos panneaux vidéosurveillance intègrent l'ensemble des mentions RGPD requises et sont disponibles en formats A4 (intérieur) et A3 (extérieur) en aluminium ou PVC.

Les cas particuliers

Vidéosurveillance en entreprise (lieux non ouverts au public)

Les salariés doivent être informés individuellement avant la mise en service du système. L'affichage dans les locaux ne suffit pas : l'information doit figurer dans une note de service, le règlement intérieur ou un avenant au contrat de travail. Le CSE doit être consulté préalablement (article L.2312-38 du Code du travail).

Attention : les caméras ne peuvent pas filmer en continu les postes de travail des salariés, sauf circonstances exceptionnelles justifiées (manipulation de fonds, travail isolé dangereux). La CNIL sanctionne régulièrement les entreprises qui filment leurs salariés de manière disproportionnée.

Vidéosurveillance en copropriété

L'installation doit être votée en assemblée générale à la majorité de l'article 26 (parties communes) ou 25 (halls d'entrée). Le syndic est responsable de la conformité RGPD et de l'affichage. Les panneaux doivent être installés à chaque entrée de la copropriété et dans les parkings.

Les sanctions en cas de non-conformité

InfractionSanctionAutorité
Absence de panneau d'informationMise en demeure puis amende CNIL jusqu'à 20 M€ ou 4% du CACNIL
Panneau incomplet (mentions manquantes)Mise en demeure avec délai de mise en conformitéCNIL
Absence d'autorisation préfectorale (lieu public)3 ans d'emprisonnement, 45 000 € d'amendeTribunal correctionnel
Non-information des salariésNullité des preuves vidéo + amende CNILPrud'hommes / CNIL
Durée de conservation excessiveMise en demeure puis amendeCNIL

Questions fréquentes sur l'affichage vidéosurveillance

Le panneau doit-il mentionner le nombre de caméras ?

Non, le nombre de caméras n'est pas une mention obligatoire. Le panneau doit informer de l'existence d'un système de vidéosurveillance et des droits des personnes filmées. En revanche, le registre des traitements (obligatoire au titre de l'article 30 du RGPD) doit détailler le nombre et l'emplacement des caméras.

Faut-il un panneau différent pour l'intérieur et l'extérieur ?

Le contenu est identique (mêmes mentions obligatoires), mais les caractéristiques physiques diffèrent. En extérieur, privilégiez l'aluminium résistant aux intempéries en format A3 pour une lisibilité à distance. En intérieur, le PVC format A4 suffit.

Les caméras factices nécessitent-elles un affichage ?

C'est un sujet débattu. La CNIL considère que si les personnes croient être filmées (en raison de la présence de caméras, même factices, et d'un panneau), l'impact sur leur vie privée est similaire. La prudence recommande de ne pas afficher de panneau vidéosurveillance si les caméras sont factices, pour éviter toute ambiguïté juridique.

La vidéosurveillance sur la voie publique a-t-elle les mêmes règles ?

Non, la vidéoprotection de la voie publique relève exclusivement de l'autorité publique (mairie, préfecture) et est soumise au régime du CSI avec autorisation préfectorale. Les entreprises privées n'ont pas le droit de filmer la voie publique, même partiellement (le champ de la caméra doit être strictement limité à l'emprise privée).

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